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Revue de presse : Fukushima

Un triste anniversaire!

Triste anniversaire en ce 11 mars 2012: les japonais ont observé aujourd’hui dans tout le pays une minute de silence, de recueillement et de prière, en mémoire des morts et disparus (les estimations données par la presse japonaise varient entre 19 000 et 24 000 morts et disparus) lors du séisme et du tsunami.

Revue de presse

La presse française est revenue toute la semaine sur cette tragédie qui a bouleversé le Japon: retour sur cette catastrophe, bilan, témoignages de réfugiés, entretien avec des spécialistes, elle s’est fait l’écho des diverses inquiétudes, questions que se posent la population nippone, mais aussi des multiples initiatives qui ont vu le jour dans l’année qui a suivi, dont certaines sont symboliques comme ce calendrier illustré par le français Serge Bloch et accompagné d’haïkus écrits par des victimes du tsunami.

Libération titre «Japon la cicatrice» à la Une de son édition du 9 mars et dresse le portrait d’un pays qui est encore en état de choc. Le quotidien examine le rapport qu’entretient la population avec sa classe politique dans l’après Fukushima. «Déjà fort peu appréciée, écrit Arnaud Vaulerin, elle est accusée d’avoir menti sur l’ampleur de la catastrophe et critiquée pour la gestion chaotique de l’après tsunami.»

L’ancien premier ministre japonais Naoto Kan a accordé un entretien à L’Express dans lequel il raconte la gestion de crise qui a suivi le séisme et son déplacement sur le site de la centrale afin de rencontrer le directeur.

Télérama laisse la parole aux écrivains japonais, qui au delà des conséquences économiques, politiques et environnementales, choisissent de réfléchir sous l’angle éthique. C’est le cas du Prix Nobel de Littérature Kenzaburô Oé, à la tête du combat anti-nucléaire au Japon depuis 40 ans, qui souligne que «le mot est peu courant dans la langue japonaise». «Aujourd’hui, personne ne peut affirmer avec certitude qu’un accident nucléaire ne se produira pas. (…) C’est pour cela que j’appelle à l’abandon total du nucléaire.»

Hideo Furukawa, auteur de «Alors Belka tu n’aboies plus?» et autres romans catastrophe ne parvient plus depuis le 11 mars à écrire: la réalité a rejoint la fiction, le laissant avec une sensation de malaise. Originaire de Fukushima, il explique dans Télérama: « Dans la cour de mon ancienne école, on a installé un appareil qui va mesurer les radiations pendant quarante ans. Quarante ans! Comment écrire dans cette optique? Vers quel point se diriger dans le temps? Cela a renforcé ma conviction qu’il ne faut pas écrire à la légère.»

Courrier International a sélectionné des articles de la presse japonaise dans son dossier intitulé «Un an après la catastrophe, Japon, sous le signe de Miss Plutonium». Dans Mainichi Shimbun, l’écrivain Kenji Maruayama évoque une «deuxième défaite» (la première étant la guerre du Pacifique) qui révèle la faiblesse des japonais: «Ils se laissent submerger par leurs émotions» et la difficulté à tirer des leçons. «Dans notre culture, il n’est pas élégant de dire la vérité. Mais ne rien dire est un prétexte pour détourner les yeux du problème». Il est urgent pour lui de tirer individuellement les conséquences de cet événement. «Il importe avant tout de garder un esprit critique. Ma façon de vivre jusqu’ici était-elle vraiment juste? Moi-même, n’ai-je pas cru au mythe de la sécurité nucléaire. Pourquoi ai-je fini par y croire? Il faut tout remettre en question.»

En attendant, les enfants restés à Fukushima sont condamnés à rester à l’intérieur , comme nous l’explique Ursula Gauthier du Nouvel Observateur dans « La vie volée des enfants de Fukushima».

Nathalie Kissel

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