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Ôtsuki Sama en recherche de petits bijoux au salon du Livre

1 -La maison en petits cubes

2 – Bashô, le fou de poésie

3 -Katsumi Komagata, artiste sculpteur de papier4- Haïkus du temps présent, Mayuzumi MadokaCe sont des « échos dans la marge »(1) pour reprendre la très belle expression de l’auteur.

« Haikus du temps présent », publié aux Editions Philippe Picquier en mars 2012 rassemble 84 pépites de Madoka MAYUZUMI, poète-voyageur connue du grand public au Japon , dans la lignée des plus grands fous de poésie.

Ils ont la particularité d’être accompagnés d’un commentaire extrêmement sensible de l’auteur, petite histoire qui nous éclaire sur la naissance de ce poème court.

Poème de l’instant fugitif et des petits riens, le haiku est composé de 17 syllabes, découpées en 3 lignes de 5, 7 et 5 syllabes (ce rythme ne ressort pas forcément dans la traduction française). Le ton est donné par le kigo, le mot de saison.

Ôtsuki Sama vous invite à rêver avec ces quelques haikus des 4 saisons.

Pleine lune d’automne-

dans les abysses

les étoiles de mer avancent

Le mot de saison est ici « pleine lune ». Hommage lui est rendu le 15 septembre, lors d’une grande fête. « Les rayons de lune qui éclairent jusqu’au fond de la mer, explique Madoka Mayuzumi dans son commentaire, transmettent leur force vitale aux créatures des abysses, les reliant ainsi au reste de l’univers ».

Auberge sous la neige –

dans la chambre voisine

la lumière s’éteint

Lors d’un séjour dans ce « Pays de neige » du nord du Japon, pour reprendre le titre du magnifique récit de Kawabata, l’auteur a passé une nuit éveillée dans la chambre d’une auberge, comme suspendue dans le temps et le mystère. Toutes les lumières des chambres voisines s’étaient éteintes.

Dans une flaque de soleil

puis sous un rayon de lune

la violette!

Le mot de saison, violette, a inspiré nombres de poètes. Symbolisant la modestie et l’humilité, l’éphémère, elle semble, pour l’auteur, « être en lien étroit avec le cosmos ».

« Ne pars pas loin de moi! »

chantait la flûte

taillée dans un brin d’herbe

Poème qui exprime le non-dit. Madoka Mayuzumi croise pendant les vacances qui suivent sa dernière année de lycée un camarade, qui lui parle avec enthousiasme de ses projets d’avenir. Elle l’écoute distraitement, lorsque soudain il coupe une tige creuse et en fait une flûte d’herbe. Cette mélodie exprimait toute l’affection qu’il lui portait, ce dont elle ne prit conscience que plus tard.

« Flûte herbe » est un kigod’été.

A vous maintenant de poursuivre ce voyage dans l’imaginaire japonais…(1) Titre d’une conférence de Madoka Mayuzumi, « Le haiku, un écho dans la marge ».

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