Culture
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L’esprit du thé à Guimet

Voilà l’histoire fascinante, ou plutôt les histoires tant les angles d’approche varient, de la boisson la plus bue au monde après l’eau : le thé.

Dès l’entrée, un symbole fort: « La Tonne de thé », un ready made de Ai Weiwei, qui entend ainsi , avec ce thé Pu’Er compressé, souligner l’importance de ce breuvage dans le monde contemporain.

A travers l’histoire du thé, en trois étapes- bouilli, battu et infusé -, c’est toute l’histoire des ustensiles des plus simples aux plus nobles, des rituels, et aussi du commerce qui est retracée.

Au départ extrêmement sobres et dépouillés, les ustensiles évoluent ensuite sous l’influence des pays traversés par l’ancienne route du thé, désormais monnaie d’échange, (Yunnan, Sichuan, Tibet, etc…) avec l’incorporation du cuivre, de l’argent ou du laiton.

L’utilisation du fouet dans le thé battu va imposer des formes nouvelles. Le récipient est alors destiné à mettre en valeur l’écume « de nuages et de neige » de ce thé vert ainsi émulsionné. Tel ce bol en grès noir à couverte « fourrure de lièvre » avec un cerclage en argent. C’est l’âge, sous les Song, des maisons de thé. Le thé est adopté dans toute la Chine, permettant ainsi l’éclosion d’une véritable industrie porcelainière. La porcelaine Qingbai naît autour de l’an mil au Jiangxi, où se situent les gisements de kaolin. Cette verseuse en porcelaine qingbai blanc azuré est un véritable bijou. L’anse est constituée d’un élégant corps de dragon, la tête faisant office de bec verseur.

L’ère des Ming voit paraître un décret stipulant que le thé sera désormais livré en feuilles entières et non sous forme de brique, et devra être consommé infusé. S’ouvre alors l’ère du thé infusé, ne nécessitant qu’un fourneau, des bols et une théière, invention du début des Ming; La théière des potiers de Yixing va être très appréciée, car elle absorbe tanin et petits éléments du thé. La théière en grès avec décor végétal ajouré présentée au Musée Guimet dans le cadre de cette exposition constitue un véritable chef d’oeuvre.

Source d’inspiration, le thé l’a aussi été pour les lettrés, les peintres et les poètes. Ses origines mythiques le prédestinait sans doute à une telle aventure: selon une des légendes, Shen Nong, un souverain imaginaire de la Chine ancienne, se serait adossé à un arbre pour prendre un peu de repos. Il ramassa quelques feuilles, qu’il goûta et sa fatigue s’envola immédiatement. Le palais des Thés s’est associé au musée Guimet pour raconter le parcours de cetarbuste dérivé du camélia. Dégustations, cérémonies, démonstrations, ateliers et conférences s’articulent autour de l’exposition. Une dégustation du Thé Guimet, création exclusive du Palais des thés, est offerte à chaque visiteur,qui découvrira toute la richesse des senteurs du thé

Exposition « Le Thé, Histoires d’une boisson millénaire », Musée Guimet, jusqu’au 7 janvier 2013. Photos issues du catalogue de l’exposition, « Le thé », Editions Musée des Arts Asiatiques Guimet.

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