Culture, Voyages
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De Yanaka aux tableaux impressionnistes …

Parmi mes multiples découvertes auJapon,en voici une tout à fait singulière, qui restera un détour incontournable lors de chacun de mes passages à Tokyo :Yanaka, l’un des rares quartiers de Tokyo ayant échappé aux bombardements de la seconde guerre mondiale et résisté au tremblement de terre de 1923… Les bâtiments au charme désuet et intime, les étroites ruelles remplies de petits temples nous font voyager dans un temps où le Japon était plus traditionnel.Ici et là, les multiples petits restaurants, les fabricants de « tofu » ou de « tatami », le vieux cimetière, la galerie très en vogue « Scai the bath house » construite dans un ancien bain public… participent au charme singulier de ce quartier.Mais à Yanaka, un de mes endroits préférés est l’original « Isetatsu« , le magasin spécialisé dans le papier japonais, traditionnellement appelé « Chiyogami« . Depuis le 19ème siècle, la famille Hirose créent les illustrations puis lesimpriment artisanalement à la manière des estampesjaponaises… Leurs motifs sont inspirés des sceaux ou armoiries des samouraïs et membres de la cour, médaillons souvent reproduits sur leurs kimonos et armures… Mais aussi, le monde floral et toutes leurs symboliques, sans parler des scènes de la vie quotidienne si grouillante de l’époque Edo… Plus de mille différents designs sont imprimés et vendus pour envelopper des cadeaux ou des marchandises quotidiennes, voire des envois postaux… C’est d’ailleurs à l’occasion d’expéditions internationales enveloppées dans ces fameux papiers décoratifs provenant du Japon, que les marchands d’Art occidentaux ont découvert le monde de la peinture japonaise.

À l’intérieur, des tiroirs infinis de planches artisanales de Chiyogami, certaines originales d’autres reproduites mécaniquement… Aussi, de multiples petits objets pour la correspondance, des boîtes, mobiles et éventails tous recouverts des papiers aux couleurs du vieil Edo… Et derrière la caisse, accrochée au mur, la page d’un magazine japonais où est éditée une photo du célèbre tableau de Van Gogh, « le portrait du père Tanguy »… Dans cette oeuvre,Van Gogh rend hommage à son «broyeur de couleurs» dont il fait une sorte de vieux sage japonais, en le plaçant sur un fond entièrement saturé de quelques unes des innombrables estampes japonaises aux couleurs vives que le peintre collectionne avec son frère Théo. Parmi ces estampes, celle juste derrière l’épaule droite du vieil homme : une illustration créée par la maison « Isetatsu »… Mon étonnement fut sans bornes et perdure encore aujourd’hui…

Valérie Bastit Laudier

 

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