Artisanat, Culture
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Le japonisme dans la collection de la Manufacture Prelle

« Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté… » (Charles Baudelaire)

Dès l’entrée dans le showroom de la place des Victoires, le ton est donné: raffinement, beauté des couleurs, silence, somptuosité, un immense savoir-faire…. Quatre magnifiques lampas, se faisant face deux à deux, vous accueillent. Les deux premiers ont été réalisé en 1873, faisans sur fond paille et fond noir. Les deux autres plus récents reprennent le même motif sur un fond rouille ou un profond bleu turquoise.

Au centre, un lit de repos signé de l’ébéniste Gabriel Viardot et prêté par la galerie Chadelaud invite au rêve et à la fantaisie : la tête de lit est formée d’une queue sculptée d’écailles, tandis que la façade arbore un masque rieur du théâtre chinois. A gauche, une belle sellette aux éléphants de Majorelle (un prêt de la galerie Marc Maison). Des têtes d’éléphants constituent les trois pieds de cette tablette, qui repose sur des trompes enroulées.

Immédiatement, la magie opère, le visiteur est sous le charme et avance à pas feutré sur le beau parquet, dans un univers de soie.

Dès la deuxième moitié du XIXème siècle, et jusqu’aux années art déco, les dessinateurs des maisons de soieries puisent leur inspiration dans le japonisme. Fleurs de cerisiers, de pivoines, chrysanthèmes, oiseaux colorés, papillons, fins entrelacements de végétaux, bambous, fonds aux motifs géométriques : les motifs et les techniques vont être renouvelées.

La plupart des lampas présentés ici ont été dessiné par Eugène Prelle lui même, et le fonds d’archive comprend un nombre important de katagami, ces pochoirs japonais utilisés pour réaliser les motifs de kimonos et ensuite de soieries et étoffes pour ameublement. Parmi eux, un très fin katagami « les pivoines ». Les motifs géométriques du lampas dit « japonais » sur fond vert amande (ca 1860) ont été réalisés à partir de plusieurs pochoirs.

Des objets décoratifs complètent, avec une belle harmonie, les pièces exposées, tel ces ogi (éventails pliants japonais) provenant du Musée de l’Eventail à Paris

– un prochain billet sera bientôt publié sur ce musée peu connu

– ou ce petit vase aux bambous dorés (1893) collection Baccarat.

Le célèbre soyeux lyonnais, qui peut reproduire à l’identique les étoffes de soie et participe aux restauration des tentures et étoffes des palais royaux, musées, théâtres, organise régulièrement des expositions : une occasion unique d’admirer ses plus belles soieries et des pièces d’exception.

Nathalie Kissel

« Japonisme et exotismes dans la soierie lyonnaise 1860-1930 » , jusqu’au 12 avril 2013 dans les salons parisiens de la Manufacture Prelle : 5, Place des Victoires Paris 1er

 

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