Livres
Laisser un commentaire

Dialogue du thé et du vin, Wang Fu.

Dans un dialogue imaginaire, rédigé par le poète Wang Fu à la fin de la dynastie Tang (618-907), le thé et le vin vantent chacun à leur tour leurs mérites et leurs vertus, soulignant les effets néfastes de leur rival. Dans une joute verbale drôle et légère, loin des sérieux traités sur l’art du thé, les voilà qui s’affrontent, chacun voulant prouver son indéniable primauté. Quel breuvage l’emportera? Le thé prétend apporter la richesse partout où on le trouve, la lucidité dans les conversations. Il explique avec fatuité qu’il est l’offrande faite au Bouddha. Le vin lui rétorque qu’il est vendu bien plus cher que le thé, qu’il suscite l’inspiration, apporte l’ivresse et incite au courage. N’est-il pas le nectar de la coupe de jade tendue aux immortels? Chacun se gausse, et tout gonflé d’orgueil, encouragé par sa propre démonstration, ironise, à la façon des animaux de fables bien connues. Un troisième élément, inattendu, s’invite dans la conversation et les ramène à plus d’humilité. Nous vous laissons découvrir de qui il s’agit! Le Cha jiu lun est l’un des 6000 manuscrits découverts à Dunhuang, en 1908, par le sinologue français Paul Pelliot. « Une bibliothèque médiévale », pour reprendre le terme employé par le Bulletin de l’Ecole Française d’Extrême Orient à cette époque. Ces manuscrits n’avaient alors pas vu le jour depuis neuf siècles. Voici donc la première traduction française intégrale que nous devons à Gil Delannoi, Yu Shuo et Tseng Yu Hui, parue en 2013 chez Berg International. Un écrit savoureux, plein de verve, intelligemment complété par deux avant -propos (que nous vous conseillons de lire à la suite du texte lui même). L’un de Madame Yu Hui Tseng, l’une des dix plus grands experts de thé au monde, propriétaire de la « Maison des Trois Thés  » à Paris, une cave à thé exceptionnelle. Elle y avoue sa méconnaissance de l’univers du vin et relate sa rencontre avec Gil Delannoi, amateur de vin, rencontre à l’origine de cette traduction.L’autre de Gil Delannoi qui souligne l’actualité du sujet dans un monde où vin et thé ont cessé de s’affronter. Un nouveau dialogue s’est désormais instauré! »Quand la cave prospère, la maison de thé n’est jamais pauvre. »

Nathalie Kissel

Illustrations : Valérie LaudierOtsuki Sama

Cette entrée a été publiée dans : Livres

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s