Artisanat, Céramique
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« Urban Forest »

Pour un Européen, les rapports que les Japonais entretiennent avec l’espace et la nature, paraissent pour le moins paradoxaux.

D’un côté, durant la période dite de haute croissance, entre les années 50 et 70, la société japonaise a procédé à une grande destruction de son environnement naturel et des paysages urbains au point qu’on a pu qualifier le Japon de «cobaye de la pollution». Les paysages urbains traditionnels y ont pratiquement disparu, au profit d’un urbanisme en « béton » que l’on qualifie d’esthétique. C’est l’ère des grandes innovations architecturales de renommée internationale !

D’un autre côté, la société japonaise n’a cessé de témoigner d’une très grande sensibilité à la nature. L’esthétique s’y réfère en permanence. L’une des manifestations les plus remarquables de cette sensibilité, ce sont les dictionnaires consacrés aux mots de saison (kigo en japonais). Ces mots se recensent par milliers et servent notamment à l’écriture des haïkus, ces poèmes de quelques lignes qui évoquent un paysage et les sensations qu’il procure. Leur sensibilité à la nature, cultivée par les diverses formes d’art, contribue d’ailleurs à façonner les paysages. Les jardins dont les japonais prennent particulièrement soin en sont un parfait exemple. L’érable et le pin sont devenus en littérature un motif esthétique qui a été très prisé au cours de l’Histoire. Les Japonais en ont conçu des tailles de toutes sortes pour pouvoir en planter dans leurs jardins ou les entretenir sous formes de bonsaï.

La série des décors « Urbanisme », peints sur paravents et sur assiettes en porcelaine « Diane » de la Manufacture de Sèvres, tente d’illustrer ce paradoxe entre fièvre de modernisation et harmonie vers laquelle la culture japonaise tend dans son rapport à la nature.

Dans « Urban forest », pièce numéro 4 de cette série, apparaissent des petites créatures divines accrochées aux nuages, venant lutter contre la prolifération de la forêt électrique. Les pylônes se confondent avec les troncs de bambous, tandis que les le feuillages grimpent sur les câbles, comme si la nature venait réparer les erreurs commises par les hommes.

Chaque assiette est peinte à la main selon les méthodes strictes et précises qu’impose la peinture sur porcelaine à La Manufacture de Sèvres. Travail de perspective, dessin et graphisme sertis à la plume, pigment gris plomb mélangé à un liant à base de sucre. Première cuisson à 820°C. Travail en cours © Valérie Laudier.

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