Tous les articles classés dans : Inspirations & Créations

Cette rubrique inclut tous les articles visant à décrire le champ d’inspiration japonaise de la créatrice Valérie Laudier et ses créations qui en découlent à base de savoir-faire variés.

Mini-Zabuton !

Pour les nouvelles collections éphémères, Ôtsuki Sama propose les Mini-zabutons ! Petits dessous de verre réalisés à partir de popeline de coton teintée à l’indigo ou à la fleur de Sakura ! Au verso, de l’Abaca : fibres naturelles de bananier des Philippines, ou encore « chanvre de Manille » ! La forme et le nom choisis pour ces petits accessoires de table sont directement inspirés des traditionnels coussins plats ou « zabuton », sur lesquels les japonais s’agenouillent pour méditer lors d’une cérémonie de thé. Aucun détail n’est laissé au hasard, même le petit rembourrage en ouate de coton, pour ajouter du moelleux au toucher et de la rondeur lorsqu’on y presse un tasse bien remplie de thé chaud. Quatre petits pompons en fil de coton à broder beige irisé apportent une petite note chic ou festive. À vite découvrir sur notre site à la rubrique « Les éphémères« , l’édition étant très limitée !!! Une idée cadeau « petit budget » pour une grande originalité entièrement réalisée à la main avec des matières très choisies…

Bleu de Sèvres

Bleu de Sèvres : Bleu de cobalt, nommé Bleu royal au XVIIIème siècle, mis au point sur la porcelaine dure comme fond coloré. Cette couleur de grand feu, transparente est en général posée par putoisage en 3 couches sur une porcelaine incolore cuite. Mais en changeant la technique, on change l’effet ! Sur grande assiette Diane, j’ai peint au pinceau des nuages, première partie du décor de ma nouvelle assiette – série « Urban Nature » Cuisson à très haute température (environ  1200 degrés) pour l’obtention d’un bleu profond et brillant. Travail en cours au sein des Ateliers de pratique amateur de la Manufacture de Sèvres. =  

曇, Kumori, nuageux, cloudy… Vivement l’été car je commence à en avoir marre de ne peindre que des idéogrammes reflétant une ambiance morose due à une météo plombante…. Calligraphie de Valérie Laudier à l’encre sur washi crée par Junko Koshino au sein d’un atelier de fabrication artisanale de washi pour la campagne «Fukushima Pride»

Printemps imaginaire…

En attendant le printemps qui s’est bien fait désirer, une aquarelle sur washi beige… Pétales et nuages peints au « Gofun », pigment blanc préparé à base de carbonate de calcium obtenu en réduisant en poudre fine des coquilles d’huîtres puis en la mélangeant à de la colle de riz. Le Gofun servait à souligner la blancheur des visages féminins dans certaines estampes japonaises ou Ukiyo-e…

Fukushima Pride by Junko Koshino

Dans la préfecture de Fukushima, un grand nombre d’objets d’art traditionnels, menuiseries, verreries, objets folkloriques ont été créés pour mettre en valeur les techniques ancestrales largement maitrisées par les artisans de la région. En collaboration avec l’artiste Junko Koshino, de renommée internationale, tous ces artisans ont crée une marque « Fukushima Pride », pour transmettre le charme de la région et ainsi participer à sa renaissance. Parmi les différents métiers distingués dans la collection 2018 de Fukushima Pride, j’ai été particulièrement fascinée par la beauté du washi (papier japonais). La technique du washi se perpétue au Japon depuis des millénaires. Le papier japonais est issu de 3 arbustes à papier principalement : le kôzo (mûrier à papier, le plus couramment utilisé), le mitsumata et le gampi. La pulpe du washi n’est pas issue du bois de ces plantes, mais des fibres blanches de l’écorce qui entoure les branches. Le processus de fabrication du washi traditionnel est encore assez répandu, et il existe encore de nombreux ateliers où l’artisan effectue toutes les tâches à la main. L’intérêt d’une facture manuelle est la complète maîtrise de chaque …

Décor en or

L’assiette « Urban Forest » fait partie de la série « Japanese urbanism », composée de quatre assiettes en porcelaine, peintes à la main au sein des ateliers de formation de la Manufacture de Sèvres. Toutes tentent d’illustrer le paradoxe entre fièvre de modernisation urbaine et harmonie vers laquelle la culture japonaise tend dans son rapport à la nature. Plusieurs techniques furent appliquées pour le décor de cette dernière pièce. Tout d’abord, le dessin réalisé directement sur l’assiette à la plume avec un pigment gris plomb mélangé à un liant à base de sucre. Après une première cuisson à 820°C, les décors sont peints à l’aide d’une palette de couleurs de « petit feu ». Plusieurs couches et cuissons sont nécessaires, à 880° C et à 840° C ; après la première cuisson, la composition est repeinte (repiquée), afin de renforcer les tons et d’affiner les nuances et les détails. Ce décor a nécessité une trentaine d’heures de travail. Enfin, l’or pur à 24 carats en relief est appliqué au pinceau. En poudre à la sortie du laboratoire, l’or est mélangé à un fondant et une …

Fukushima is not over

Dimanche dernier, un pays entier s’est immobilisé dans le recueillement. Le 11 mars 2011, à 14h46 précisément (06h46 en France), un séisme avait lieu au large du Japon, provoquant un violent tsunami qui allait s’abattre sur plusieurs centaines de kilomètres de côtes causant la mort ou la disparition de plus de 18.000 personnes. Sept ans après ces événements tragiques et l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima, le Japon s’est donc recueilli en hommage à ses disparus. Alors qu’une cérémonie officielle avait lieu à Tokyo en présence du Premier ministre Shinzo Abe, les alarmes ont retenti dans tout le pays. Soudainement, des millions de personnes se sont arrêtées en pleine rue, le temps d’avoir une pensée pour les victimes. Ce genre d’hommage où une nation entière s’arrête pendant quelques instants existe dans plusieurs endroits sur la planète. Le 27 du mois de Nissan en Israël immense hommage aux victimes de la Shoah. Le 1er août les Polonais se souviennent des martyrs de l’insurrection de Varsovie. Le 10 novembre les Turcs se figent en hommage à Atatürk.

L’Asie célèbre l’année du chien !

Le Nouvel An Chinois, défilé coloré de dragons et feux d’artifice, est à l’origine la fête du solstice d’hiver, qui marque la fin de la période de froid et l’arrivée prochaine du printemps… La fête se déroule sur plusieurs jours, toujours entre le 21 janvier et le 20 février. C’est une occasion pour des millions de chinois de se retrouver en famille pour célébrer cette nouvelle année. Une légende veut que seuls douze animaux avaient répondu présents à l’invitation de l’Empereur de Jade pour le Nouvel An. Pour les remercier, chacun se vit attribuer une année. En 2018, il s’agit de celle du chien de terre ! Une pensée aux natifs de 1934 1946 1958 1970 1982 1994 ! Aquarelle sur washi bleu, saupoudré de paillettes d’or. Lettres graphiques peintes au Gofun (pigment blanc obtenu à partir de nacre de coquillages). ©Valérie Laudier

L’Aubergine

« Nasu », なす, en japonais veut dire aubergine. Écrit avec le kanji « 成す » (qui se lit aussi nasu), cela veut dire « accomplissement », « bon augure », « travail accompli », c’est pourquoi ce légume est considéré comme portant chance dans la culture japonaise. Souvent peinte en trois traits de pinceaux sur des petites cartes de voeux, on retrouve aussi l’aubergine dans les Arts de la table japonais. Sa forme dodue et arrondie est très intéressante à sculpter ou modeler, pour créer des carafes à Saké, ou des petits plats creux… En biscuit de porcelaine (porcelaine cuite sans émaillage à haute température, entre 1200 et 1400 °C ), voici ma nouvelle petite création : récipient à couvercle, coulé dans un moulage en plâtre à partir d’une véritable aubergine. C’est sous le rigoureux et généreux enseignement d’Ulrike Weiss, artiste céramiste, au sein même de son atelier en plein coeur de Paris, que j’ai pu m’initier à la réalisation de moules en plâtre servant à la fabrication d’objets en barbotine. Cette première réalisation symbolise les premiers pas dans la création de pièces en céramique …

« Urban Forest »

Pour un Européen, les rapports que les Japonais entretiennent avec l’espace et la nature, paraissent pour le moins paradoxaux. D’un côté, durant la période dite de haute croissance, entre les années 50 et 70, la société japonaise a procédé à une grande destruction de son environnement naturel et des paysages urbains au point qu’on a pu qualifier le Japon de «cobaye de la pollution». Les paysages urbains traditionnels y ont pratiquement disparu, au profit d’un urbanisme en « béton » que l’on qualifie d’esthétique. C’est l’ère des grandes innovations architecturales de renommée internationale ! D’un autre côté, la société japonaise n’a cessé de témoigner d’une très grande sensibilité à la nature. L’esthétique s’y réfère en permanence. L’une des manifestations les plus remarquables de cette sensibilité, ce sont les dictionnaires consacrés aux mots de saison (kigo en japonais). Ces mots se recensent par milliers et servent notamment à l’écriture des haïkus, ces poèmes de quelques lignes qui évoquent un paysage et les sensations qu’il procure. Leur sensibilité à la nature, cultivée par les diverses formes d’art, contribue d’ailleurs à façonner …