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Pour tous les amoureux… du Japon

Paul Claudel, Cent phrases pour éventails, Édition Gallimard : un petit bijou de poésie. Comment doit-on lire ces Cent Phrases pour éventails, que Paul Claudel, ambassadeur au Japon, fit paraître dans la langue du pays entre juin 1926 et janvier 1927 ? Comme de courts poèmes inattendus ? Comme une composition qui mime les haïkus ? Comme des bribes de journaux intimes, des états d’âme mystérieusement éparpillés ? Comme la possibilité, pour Claudel, d’exercer un humour métaphysique : « Je suis en pourparlers avec la mort (…) je pèse ses propositions » ? Comme une invitation à s’immerger dans un Japon, que Paul Claudel qualifiait de « paradis sur terre ». L’édition respecte la disposition et la double calligraphie ­ japonaise et française ­ de la parution d’origine. Ce qui permet au lecteur d’interrompre son regard pour faire apparaître d’abord «la rose», puis «cette fragilité qui exprime l’éternité». Et de sentir le souffle de l’éventail, dont Claudel rappelle, dans une préface à l’édition française de 1942, qu’elle est déjà toute prête à propager «cette parole muette que …

L’art des plantes en pot selon Sabine Besnard

Ce matin, accompagnée de mon amie Giulia, j’ai visité l’atelier de Sabine Besnard, artiste céramiste. Nous avons avec bonheur découvert une personne incroyablement vive, infiniment accueillante et profondément heureuse de vivre son art dans sa maison de Viroflay, où la céramique est partout présente. Depuis l’entrée du jardin, jusqu’au milieu du salon sans oublier dans son atelier caché derrière une formidable pépinière de bonzais… Tout est surprise. C’est un petit monde merveilleux où sont posés de multiples galets aux couleurs d’émaux variés, de larges vasques où trempent des oiseaux en grès et un majestueux banzai planté dans un pot en émail gris bleuté craquelé au milieu d’une bambouseraie… Sabine nous présente ses créations des arts de la table aux formes épurées, rouges, bleues céladon, beige… Assiettes, plats, tasses… Autant de pièce réalisées au tour, à l’estampage ou à la plaque dans son atelier. Mais ce qui me fascina par dessus tout, c’est cet art du « Shitakusa et du Kusamono », dans lequel Sabine nous emmène avec maîtrise et poésie . Mille compositions florales nichées dans de petits réceptacles en grès ou en émail viennent alors s’entreposer entre de grands bonzais, fièrement plantés dans …

Petit théâtre japonais, l’art du kirigami

Il était une fois un ancien art du pliage et découpage, dont l’origine remontait à la Chine des Han: le kirigami, mot issu du verbe japonais kiru (couper) et de kami (papier). Un art toujours très présent au Japon, où on le retrouve notamment dans les temples shinto, sous la forme d’un éclair carré. Dominique Ehrhard, auteur de livres et jeux pour enfants, propose de découvrir tout à la fois cette pratique japonaise et le Japon traditionnel dans un magnifique livre, où les personnages prédécoupés prendront délicatement vie pour évoluer, une fois en 3D, dans quatre décors différents, en relief: celui des Sumotoris, le décor du prêtre shinto, le décor des samouraïs ou encore celui des geishas. À chaque décor correspond un début d’histoire, permettant aux enfants de se mettre dans l’ambiance et de se plonger dans un univers peu connu d’eux: Samouraïs menaçants au pied d’une forteresse, suivant la « Voie du guerrier »; geishas de Kyoto rassemblées dans la chambre de thé de l’Okiya, maîtrisant avec raffinement la « Voie du thé »… Le tout sans ciseaux ni …

Sushi Marché

Un vrai restaurant japonais où les gourmands de sushis peuvent courir s’y régaler à prix doux ! Sushis Marché est un tout petit « snack » à sushis, à deux pas de la Maison de la Radio, où l’on peut se risquer aux plats du moment inscrits sur des post-it collés au mur. Quelques entrées pour une mise en bouche franco-nippone : pot au feu aux navets, asperges et bonite, saumon mariné et crudités craquantes, lamelles de canard et d’oignons… Une large variété de Sushis, Sashimis, Makis au maquereau, thon, saumon, coquille Saint Jacques et autres espèces de poissons, choisies par le chef selon le marché du jour.  Vous pouvez les déguster par paire ou bien dans une formule de votre choix, qui vous offrira ensuite la fort digeste Miso Soupe ! Ici c´est ultra frais, ça sent bon l´iode et surtout c’est authentiquement japonais de par sa simplicité et son service irréprochable.  Délicieusement reconstituant. Sushi Marché 20, rue Mirabeau Paris 16 Tél : 01 42 88 11 49 Menus : 12 (déj.), 19, 21 (bento, déj.), 22, 23, 27, …

La couleur dans l’estampe japonaise

Le musée Guimet a sélectionné dans son important fond d’estampes japonaises une trentaine d’entre elles afin d’illustrer la naissance et l’évolution de la couleur dans les « Images du Monde flottant ». Un choix judicieux qui permet de comprendre l’évolution des techniques au XVIIème et XVIIIème siècles, de l’impression monochrome à l’encre de Chine « sumizuri-e » aux estampes de deux ou trois couleurs « benizuri-e », jusqu’à l’estampe de brocart, polychrome « nishiki-e ». La première couleur à venir rehausser l’encre de Chine « sumi » est le rouge-orangé « tan », appliqué au pinceau, comme dans la très belle estampe de Moroshige, « Couple adossé », de la fin du XVIIème. Cet oxyde à base de plomb est remplacé vers 1740 par un pigment issu de la fleur de safran, « beni », auquel viennent s’ajouter le noir brillant « urushi-e » avec un aspect laqué, obtenu par ajout de colle, utilisé pour les détails comme les chevelures ou les ceintures, et un pigment vert d’origine végétale. A partir de 1765, commence l’avènement de l’estampe polychrome, « nishiki-e », aux multiples couleurs. Des couleurs donnant vie, à partir de la seconde moitié du …

Helen Amy Murray et Anne Sophie Pic : une expérience purement féminine

En 2003, l’écossaise Helen Amy Murray lance son propre label et ne cesse depuis d’être recherchée par les plus célèbres designers, architectes et collectionneurs du monde entier. Elle réalise de grandes oeuvres d’art, créée des lignes de mobilier et participe à de vastes installations. C’est au restaurant « La Dame de Pic », Rue du Louvre à Paris, que j’ai découvert avec émerveillement son travail de sculpture sur cuir, où courbes gracieuses apparaissent en relief suite à un travail minutieux de découpe à même la matière. Ce jeu d’ombres, de lumières et de lignes sculptées donnent naissance à de magnifiques pivoines qui s’épanouissent sur de longues branches au fil des multiples panneaux exposés à l’intérieur de la salle de restaurant. On devine le foisonnement des mille pétales enchevêtrés, derrière lesquelles se cachent une feuille qui en recouvre une autre… La branche ne s’arrête jamais, elle sursaute d’un panneau à l’autre… La composition est épurée, monochrome, légère grâce au vide qui permet à l’oeuvre de respirer… Inutile de citer l’inspiration japonaise dans cette oeuvre qui accompagne la valse …

J – 2 : Postludium

– Il y a 18 mois, nous vous présentions Eiichi Sawado à l’occasion de son concert au « Dépôt d’Art Café » à Paris … – Il y a 6 mois, nous avions partagé sur youtube quelques extraits de son concert à la London Fabric… – Aujourd’hui, nous avons l’immense joie de vous présenter en avant-premièrewww.youtube.com/watch?v=8qRU6RSpzxY… la sortie du 3ème album de Goro Ito, guitariste et compositeur japonais, découvert par « Commons » (maison de disques de Ryuichi Sakamoto). Dans « Postludium », Goro Ito a choisi de s’accompagner d’Eiichi Sawado au piano, entre autres… L’album est produit par « Aoyama Spiral », un nom à la renommée multiple : célèbre maison de disques, salle de concert, galerie d’Art et Shopping hall… sur la route 246 en plein coeur de Tokyo : que de souvenirs… Difficile encore de vous transmettre mes émotions, je n’ai malheureusement pas eu la chance de tout entendre… J-2Can’t wait! Congrats Eiichi-san!

Mist

« Mist » (brume an anglais), tel est le titre que je choisis pour cette série de photos, signées « Ba », première syllabe en japonais de mon prénom, Valérie. Immédiatement, ces clichés m’ont rappelée les peintures japonaises des temps anciens encollées sur leur rouleau de soie.Ceci me poussa à travailler ces sujets en mettant en valeur les flous et dégradés si magnifiques et typiques du sumi-e (peinture à l’encre)… Montagnes noyées dans la brume, branche de pin émergeant du brouillard… Autant de paysages mille fois peints depuis les sommets des hautes montagnes en confins du Japon ou de la Chine… Mais surtout, ces nuages si intenses dans lesquels j’ai pu me noyer furent sculptés par l’artiste Fujiko Nakaya dans les prés du Goualoup, à l’intérieur de l’immense domaine de Chaumont-sur-Loire. « Nuage permanent » intitule-t-elle son installation, qui n’est que brume poétiquement posée près d’un bosquet de bouleaux. Montrer l’intérieur d’un nuage, reproduire sur la peau la sensation de gouttelettes qui le composent, tel est le dessein de Fujiko Nakaya, créatrice inspirée d’oniriques brouillards, dont l’artiste maîtrise somptueusement le mouvement.C’est …

« Le parfums des couleurs » à Chaumont-sur-Loire

L’été fut beau mais l’heure de la rentrée a sonné. Pourtant, nous avons encore tellement besoin de fuir le monde minéral et virtuel, de s’immerger dans un monde de couleurs, de senteurs, d’émerveillement… Le « jardin des sensations », 22ème édition du Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire est l’un de ces événements uniques où vous attend une expérience inoubliable dans un écrin d’exception. Paysagistes du monde entier y ont créée des oeuvres évoquant avec poésie et subtilité les mille et une sensations qui règnent dans un jardin, où « les parfums, les couleurs et les sons se répondent » (Baudelaire). Voici un petit aperçu de ce festival bucolique, multi-sensoriel.